[email protected] · Assistance 24/7 pour les clients sous contrat

Un tiroir optique, connecteurs verts et jarretières jaunes alignés.

Migration 8 minutes de lecture

Porter ses numéros sans éteindre le standard une seule minute

La portabilité est le seul délai d’une migration que personne ne maîtrise entièrement. Voilà comment elle se déroule réellement, ce qui peut mal se passer, et les quatre décisions qui font la différence entre une bascule invisible et un vendredi soir difficile.

« Est-ce qu’on garde nos numéros ? » est la première question posée dans presque toutes nos réunions, et elle en cache une autre, plus juste : « combien de temps serons-nous injoignables ? » La réponse à la première est oui. La réponse à la seconde dépend de quatre décisions prises trois semaines avant la bascule.

Ce qu’est une portabilité, techniquement

Un numéro n’appartient pas à un opérateur : il est attribué à l’abonné et hébergé par un opérateur. Le porter, c’est modifier, dans les bases de routage des opérateurs du pays, la mention de l’opérateur receveur. L’opération est encadrée, elle a des délais réglementaires, et elle se produit à une date et une heure convenues.

Ce que cela veut dire concrètement : il existe une fenêtre, généralement de quelques minutes à quelques heures, pendant laquelle le routage se propage. Ce n’est pas un interrupteur. C’est cette fenêtre qu’il faut placer, pas éviter.

Un panneau de brassage réseau : des dizaines de jarretières bleues rangées port par port dans une baie.
Un numéro porté ne bouge pas physiquement. Ce qui change, c’est la ligne de routage qui dit où le livrer.

Les quatre décisions

  1. La date, et surtout l’heure. Une portabilité se fait en dehors des heures ouvrées, et on choisit le jour en fonction de l’activité, pas du calendrier du projet. Pour un cabinet médical, le samedi matin est le pire moment ; pour un restaurant, c’est le mardi soir. Nous demandons systématiquement quel est le pire créneau, et nous prenons l’inverse.
  2. Le maintien de l’ancien central pendant la bascule. Il reste allumé et joignable. Si quelque chose ne va pas, on repointe et il est 20 h. Éteindre l’ancien système le jour de la bascule est l’erreur la plus fréquente, et la seule qui soit irréversible.
  3. Le lot. On ne porte pas trois cents numéros le même soir. On porte le standard et deux ou trois SDA de test, on vérifie pendant vingt-quatre heures, puis on porte le reste. Une SDA qui ne sonne pas se corrige ; trois cents SDA qui ne sonnent pas se subissent.
  4. Le double routage temporaire. Pendant la fenêtre, les appels peuvent arriver par l’ancien ou par le nouveau chemin. Konvoice accepte les deux et les envoie au même endroit. Personne, côté appelant, ne voit la différence.
La bascule réussie n’est pas celle où tout est allé vite. C’est celle où, à aucun moment, il n’était impossible de revenir en arrière.

Ce qui peut mal se passer

  • Un mandat de portabilité incomplet. Le nom de l’abonné sur la facture ne correspond pas exactement à la raison sociale — un changement de forme juridique jamais répercuté. C’est la cause de rejet numéro un, et elle se détecte trois semaines avant, pas la veille.
  • Un numéro attaché à un service qu’on avait oublié. Une alarme, un ascenseur, un terminal de paiement, un portail automatique. Ces numéros sont sur des lignes analogiques dont personne ne connaît plus l’usage. Le relevé les trouve ; la bascule, elle, les révèle.
  • Une tranche de SDA incomplète. On porte 01 XX XX 00 à 99 et il se trouve que le 47 avait été résilié il y a six ans. La tranche est refusée en bloc.
  • Un préavis contractuel. Le contrat en cours a une durée d’engagement, et la portabilité ne l’annule pas. Elle est de droit, mais elle peut coûter des indemnités de résiliation qu’il vaut mieux avoir chiffrées.
Un horizon de ville la nuit, les tours éclairées au-dessus des quartiers.
Un indicatif géographique est une promesse faite à vos clients. La portabilité existe pour que vous n’ayez pas à la rompre.

Le calendrier réel

Pour une entreprise de cinquante postes avec un standard et une tranche de SDA, le calendrier que nous tenons habituellement :

  1. Semaine 0 — relevé de l’existant. Deux heures avec votre équipe, et la liste des numéros, postes, files et horaires.
  2. Semaine 1 — Konvoice est monté en parallèle. Personne n’est basculé. Les postes de test sont provisionnés.
  3. Semaine 2 — site ou service pilote en production réelle, sur de nouveaux numéros. Les autres continuent comme avant.
  4. Semaine 3 — dépôt des mandats de portabilité. C’est ici que commence le délai que nous ne maîtrisons pas.
  5. Semaine 5 ou 6 — bascule du standard et des SDA de test, hors heures ouvrées. Vérification le lendemain matin.
  6. Semaine 6 ou 7 — le reste des SDA. L’ancien central est éteint une semaine plus tard, pas le soir même.

Deux à six semaines, donc, dont trois de délai administratif. Quand un fournisseur annonce une migration complète en dix jours, il compte à partir du moment où la portabilité est acceptée ; c’est une façon honnête de compter qui répond à une autre question que la vôtre.

Voir le parcours de migration complet