Un plan de numérotation pour dix bâtiments
Trois chiffres, dix sites, et la règle qu’il ne faut pas enfreindre : ne jamais faire porter au numéro d’un poste une information qui va changer. Le guide que nous donnons à nos clients avant la première réunion.
Un plan de numérotation est la seule décision d’une migration téléphonique qu’on ne peut pas défaire. On change d’opérateur, on change de postes, on change même de plateforme. On ne change pas les trois chiffres que six cents personnes composent tous les jours et que quinze ans d’étiquettes, de trombinoscopes et d’habitudes ont gravés.
La règle unique
Un numéro de poste ne doit jamais coder une information susceptible de changer. Pas le service, pas l’étage, pas la fonction. Le site, à la rigueur.
C’est la seule règle, et presque tous les plans que nous reprenons l’ont enfreinte. Le plus courant : le premier chiffre code le service — 2 pour la comptabilité, 3 pour les achats, 4 pour la production. Cela paraît lumineux le premier jour. Puis la comptabilité absorbe le contrôle de gestion, deux personnes des achats passent à la production, un service disparaît, et au bout de cinq ans le plan ment sur la moitié des postes. À ce stade, personne n’ose le corriger : corriger, c’est changer le numéro de quelqu’un.
Ce qui peut être codé sans danger
- Le site. Un bâtiment ne déménage pas de service ; il ferme ou il reste. Le premier chiffre — ou les deux premiers si vous avez plus de huit sites — peut donc être le site.
- Rien d’autre. Le reste de la plage est attribué dans l’ordre, à plat, à la personne suivante.
Un plan à quatre chiffres pour dix sites tient dans une phrase : le premier chiffre est le site, les trois suivants sont un compteur. Le poste 3042 est le quarante-deuxième poste créé sur le site 3. Il n’a pas d’autre sens et c’est précisément sa qualité.
Les numéros courts qui ne sont pas des postes
Trois familles doivent être traitées à part, parce qu’elles ne suivent pas la vie des personnes :
- Les fonctions — accueil, astreinte, service technique. Ce sont des groupes, pas des postes. Ils portent un numéro court mémorable (100, 110, 120) qui pointe vers une file, et la composition de cette file change sans que le numéro bouge. C’est exactement ce qu’on voulait faire en codant le service dans le numéro de poste, fait au bon endroit.
- Les lieux — salle de réunion, quai, atelier. Un poste attaché à un mur, pas à une personne. Il mérite sa propre plage parce qu’il ne suit personne dans un déménagement.
- Les équipements — ascenseur, portail, alarme, terminal de paiement. Ils ont des numéros, souvent analogiques, et personne ne sait plus lesquels. Le relevé les trouve. Ils vont dans une plage isolée, documentée, avec le nom de l’équipement en clair.
Le cas des dix bâtiments
Sur un parc multi-sites, deux questions supplémentaires se posent, et elles ont des réponses courtes.
Faut-il pouvoir appeler un autre site en interne ? Oui, toujours. C’est même la principale raison d’unifier la téléphonie. Avec le site en premier chiffre, cela ne demande aucun préfixe : on compose les quatre chiffres et cela sonne, que le poste soit dans le couloir ou à trois cents kilomètres.
Que se passe-t-il si un site est coupé ? Les postes de ce site continuent de s’appeler entre eux via leur Edge. Les appels vers les autres sites échouent — ils passaient par le cloud — et retombent sur la règle de débordement que vous avez définie, en général la ligne de secours locale et le numéro externe du site distant.
Ce qu’il faut apporter à la première réunion
- La liste des postes existants, avec le nom de la personne ou du lieu. Un export du central actuel, même illisible, suffit : nous le lisons.
- La liste des numéros externes, tranches de SDA comprises, avec ce vers quoi ils pointent aujourd’hui.
- Les groupes qui existent réellement, y compris ceux qui ne sont pas configurés et qui fonctionnent parce que « Sylvie décroche quand ça sonne trois fois ».
- Les équipements branchés sur des lignes analogiques. C’est la liste que personne n’a, et c’est celle qui fait déraper les migrations.